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La Toile n°2 : faut-il encore fêter Jeanne d’Arc ?

La Toile, lettre électronique royaliste, publie un dossier sur la fête de Jeanne d’Arc. Nous reprenons ci-dessous la réponse de Bruno Castanier à la question « Faut-il encore fêter Jeanne d’Arc ? ». On y trouve aussi une analyse des résultats de l’Alliance royale aux européennes.

Au cours d’une récente émission de Radio Courtoisie, à laquelle participait l’Alliance Royale, le sujet de Jeanne d’Arc était abordé de façon très historienne au milieu d’autres sujets plus politiques, comme c’est souvent l’usage sur cette excellente radio. Tout à coup, l’orateur, au détour du discours, s’est tourné vers les représentants de l’Alliance et leur a asséné, non sans quelques arguments convaincants, que la royauté n’a pas toujours été tendre avec la Pucelle d’Orléans, à commencer, disait-il, par Charles VII lui-même, et qu’il avait fallu attendre le XXème siècle pour que Jeanne d’Arc soit réellement fêtée comme héroïne nationale.

Et de fait, il faut bien constater que, paradoxalement, la Jeanne d’Arc à l’étendard fleurdelisé, qui restaura si magnifiquement l’autorité royale, se voit promue emblème du nationalisme républicain. Et il n’est pas moins vrai que la royauté a négligé cette extraordinaire héroïne : les sceptiques diront, non sans une pointe de vérité, que les héros font de l’ombre au roi, tandis que les esprits plus positifs affirmeront que le recours aux héros se faisait moins nécessaire, puisqu’il y avait justement un roi. N’épiloguons pas.

Cette fête est encore pour nous quelque chose… D’abord parce que familialement parlant, oncles, père Constatons simplement que, à l’inverse de la royauté, les idéologies du XIXème et du XXème siècle ont, quant à elles, bel et bien cherché des héros : Che Guevara, Lénine ou Robespierre, pour n’en citer que quelques-uns. Par conséquent, est-il osé de supposerque, dans les années vingt, la frange nationaliste de la République, imprégnée d’idéologie et en même temps profondément patriote, ait donné à Marianne les traits plus réels et plus héroïques de l’héroïne qu’elle s’est alors choisie ?

Malheureusement, la fête de Jeanne n’est encore aujourd’hui que celle de la droite nationale. La République, par le jeu des partis, pollue tout ce qu’elle touche et fait d’un symbole d’espérance et d’unité un signe de discorde et de lutte partisane, et c’est bien ce qui fait mal à nos cœurs royalistes.

Alors, faut-il brûler Jeanne pour avoir collaborer avec le nationalisme de l’entre deux guerres ? Faut-il brûler Jeanne de peur d’être diabolisé par le ventre social-libéral de la France d’aujourd’hui ? Ce serait, convenons-en ridicule. Nous avons plus que jamais besoin d’elle. Il n’est pas un royaliste qui ne rêve de galoper avec Jeanne sur la route de Reims. Il n’est pas un patriote français qui ne trouve dans l’héroïne nationale l’incarnation de sa patrie. Il n’est pas un catholique français qui ne reconnaisse dans la sainte de Domremy la patronne secondaire de la France. La fête de Jeanne d’Arc a-t-elle un sens ? Oui, sans doute, si nous en faisions, tout simplement, la fête de la France.

Bruno CASTANIER est membre du Bureau national de l’Alliance Royale et des Etudes Politiques Françaises « moyen-âge ». Faudrait il oublier son courage face aux anglais et aux tortures subies… ? Plusieurs fois